lundi 19 juillet 2010

249 : dimanche 18 juillet 2010

Je prends la rivière parce que je crois qu’elle me mènera plus loin que la terre. Je la remonte pour aller à l’encontre du cours des réalités qui nous ordonnent, nous livrent l’ordre et nous donnent les ordres. Ce voyage, comme tous les autres, ne me semble pas autorisé. La rivière me mènera plus loin que la terre même s’il n’y a plus de rivière possible sans la terre. C’est s’engouffrer dans la faille, dans les emplacements où la terre n’est pas, où elle n’a pas suturé, où elle a cédé sous le travail de l’eau. La rivière a besoin de la terre, elle est dans l’espace de l’absence de terre. Je remonte la rivière et le passé révolu de la terre, plus loin que la terre.

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J'écoutais leurs mots, non je ne les écoutais pas ; ils étaient là qui circulaient dans l'air à coté de moi. J'avais un peu écouté au début, mais j'avais refermé ma bouche qui voulait dire que... mais c'était sans espoir – alors comme je devais rester là, et que je les aimais, j'avais laissé leurs voix devenir sons, échanges de timbres, et je regardais la terre à côté de moi. Un peu plus loin que ma main posée sur une petite tache d'herbe, en appui, il y avait une petite rigole sèche et quelques feuilles petites, sèches, un peu enroulées sur elles-même, et deux ou trois petites baies racornies et noircies. Une mouche les survolait, se posait, repartait, revenait et je la suivais des yeux, me demandant vaguement s'il y avait une raison à ce circuit.