Il n’y a qu’une seule saison chez
les Ingénieurs. Lorsqu’on leur demande pourquoi elle porte alors le nom de
saison, ils vous répondent que c’est sans doute parce qu’autrefois il y en avait
d’autres. Il semblerait d’ailleurs absurde à tout Ingénieur qui se respecte
d’imaginer le contraire : qu’une interminable et abondante pluie de grenouilles
mortes ait été de tout temps le seul tribut qui leur soit venu du ciel.
dimanche 8 juillet 2012
samedi 7 juillet 2012
928 : vendredi 6 juillet 2012
Du
sang sur la neige. C’était la première chose qu’on voyait en arrivant sur
place. Pour tout dire, on ne voyait que ça. Une grande tache rouge sur une
étendue blanche miroitant sous le soleil de midi. Pas une empreinte de pas dans
un rayon de plusieurs kilomètres. Et cette nausée persistante qui revenait sans
cesse. Tout à coup, elle ressentit un froid glacial pénétrer sa peau, envahir
sa chair, se répandre par vagues jusque dans ses os, après avoir traversé ses
nerfs en décharges électriques.
vendredi 6 juillet 2012
927 : jeudi 5 juillet 2012
Ton
Visage est en attente, vous parcourez les lieux, à la recherche de… Postés,
dans ce métro, ça circule, encore, on lit, de cette recherche du temps perdu,
ça feuillette, ça se pose, le regard va-et-vient et il se souvient, tu te
souviens… Ça entre, face à face, aucun regard ne se croise, nous passons à
travers la ville, interrompus de manière régulière par ce signal sonore qui
annonce la sortie vers une de ces bouches grandes qui vous engouffre, à chaque
fois ces appels se font plus pressants, passants pressés vous entrez, vous
sortez, vous parcourez ces couloirs vastes, étendue des rues où se transportent
les regards toujours plus vides, toujours plus grouillants, débordants de
chaque côté, soufflés par l’air de ces corps se transportant assez rapidement,
vous remplissez cette surface enflée d’ennui vers cette masse de pieds, de bras
boursouflant l’espace, votre agitation rebondit d’une station à l’autre et le
départ se fait attendre, alors vous sortez et disparaissez dans l’un de ces
couloirs où l’échappée serait possible…
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Les
Enterriens peuvent rester 67 minutes sans respirer, 232 jours sans manger et
sans boire, 72 heures sans bouger et une année entière sans se plaindre. Mais
généralement, ils n’en font rien.
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Il
est alerté par le bruissement des feuilles. Un murmure qui s'élève, un
craquement de brindille. Caché derrière un tronc allongé et couvert de mousse,
il regarde les ombres danser au travers des arbres. On le cherche, en espiègle,
on tâtonne à trouver, pour laisser un peu encore l'enfance s'égailler.
jeudi 5 juillet 2012
926 : mercredi 4 juillet 2012
On
dit facilement d'elle qu'elle "a un grain". Je préfère voir Cécile
comme une fleur au vent qui aurait oublié ses attaches. Sans racines,
sans contrainte ni épines. Insaisissable...
mercredi 4 juillet 2012
925 : mardi 3 juillet 2012
Les Kiss-Kiss adhèrent avec
fulgurance à toute apparition. Le subliminal, le suggestif et l’implicite
émoustillent leurs papilles plus que tout autre met. Ils vous transforment en
moins de temps qu’il n’en faut pour embrasser un bonheur éphémère, un soupçon
allusif en gratin dauphinois.
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Il
avançait à petit pas sur le trottoir, évitant avec soin les bacs de fleurs et
autres obstacles. Le soleil peinait derrière les nuages. Ses rayons contrariés
par le vent oubliaient la chaleur, dardant son dos de frissons en fin de jour.
mardi 3 juillet 2012
924 : lundi 2 juillet 2012
A
dire "bonjour" et "à bientôt" (depuis le temps que l’on
nivelle par le bas) comment se fait-il que l’on ne soit pas encore parvenu aux
confins des abysses ? Troquer la culture "gé" pour la réflexion
et la générosité sociale, ça serait bien... Non : il y a dix ans, les
ordinateurs portables coûtaient trois fois plus cher qu’aujourd’hui, idem pour
les appareils photos et les caméscopes numériques.
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Marie-Josée.
Une courte vie : quelques objets. Laissés en vrac dans un petit deux
pièces à deux pas de la place de la Victoire. Enfance
dorée dans un milieu bourgeois, à Versailles, piano, danse, cours de dessin,
s’est même crue artiste un temps avant de se découvrir d’autres ambitions. On
la dit jolie, elle se sait attirante et en joue jusqu’à s’y faire prendre un
soir de juin dans l’appartement d’un inconnu, quai des Chartrons, où elle était
venue faire un casting pour une pub, soi-disant. Elle n’eut pas le temps de
boire sa coupe de champagne qu’elle sentit le froid de la lame s’enfonçant dans
la chair, la chaleur de son sang quitter son corps. Et sa vie finit comme
ça : un soir, les quais, la
Garonne qui l’emporta dans ses flots boueux.
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La
petite fille blonde entre-ouvrit la porte. Ses cheveux blonds tombaient en
cascades sur sa robe bleue, on aurait dit Alice. "Chut, je suis occupée à
vivre", dit-elle d'une voix assurée tout en nous enfermant dehors.
lundi 2 juillet 2012
923 : dimanche 1er juillet 2012
Les Abolis ruminent en silence
les vieilles lois qu’ils furent, et leurs sourires sépia portent sur les tâches
du temps de tendres reflets larmoyants.
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