mercredi 7 décembre 2011

740 : mardi 6 décembre 2011

Fesses humides et seins caressés, Balzac 5619 regarde d’un air absent son mentor, dans le rétroviseur psycho-quantique (.) Non (.) Pas sortir (.) Ce jour (.) JE (enfin il, + tôt) ne – sait – plus (quoi penser) - > Pourrait-il se dire {°u°} mais > il ne se dit rien : Il est un individu : Elle est un individu : Pipo est un individu. (en théorie). Donc à il ne sait pas. Un morcellement inconscient, inassumé. De l’existence. Un rut en pensée –> soudain - s’impose en son esprit : Il n’est pas un pur esprit, il le sait : Alors il ouvre la bouche et happe de l’air. L’air souffle de vie - y compris pour les nouveaux humains - conformément aux sacro-saintes lois de l’aérobie : Il est aéoribique. Le désir s’impose puissamment à son mental, mais il a la possibilité de le faire taire, ainsi que l’a énoncé en de multiples principes Marc Aurèle, dans son infinie mansuétude. Rien n’a d’importance. Le mentor-instance çA sourit, rassuré et s’en va vers la forêt de pins aux pointes recouvertes de neige. Il maintient le Cap. Ca-pi-taine.

mardi 6 décembre 2011

739 : lundi 5 décembre 2011

À force d’aimer les nombres, les Décimés ont fini par passer pour des sages. Mais ils en font en secret un usage tout à fait bordélique et cette réputation imméritée les fait rire sous cape.

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Ce serait se réveiller, un peu après le jour, qui aurait laissé un peu de rose à l'horizon, à la lisière de la nappe de nuages clairs, allongés sur la campagne, lumineux, gris très clair sur blanc assourdi, avec un gros ourlet sombre à la limite du regard, juste au dessus du toit. Ce serait avoir l'impression que les arbres qui bordent la route et les collines s'étaient éloignés, que l'espace s'était creusé, s'étendait, dans une paix en attente, légèrement triste d'oser à peine être espérance.

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Une musique, quelque chose qui ressemblait à une musique, s’élevait du buisson. Parfois on pouvait croire à une flûte, puis le son glissait du vent vers le choc et se mettait à ressembler à la plainte d’un tambour pour finir en déchirure de l’étoffe légère ou rugueuse, de l’os sous une lame ébréchée, de l’arbre sous l’éclair d’un orage estival. Tamel savait que s’il tentait de voir le musicien, pour savoir, il ne pourrait jamais connaître. S’il posait ses yeux sur l’instrument, son regard en altérerait le pouvoir. Ce qu’il voulait c’était entrer dans ce fleuve sonore, s’y baigner, y goûter les souvenirs du flux, les actes passés du cœur, des doigts, de l’âme du musicien.

lundi 5 décembre 2011

738 : dimanche 4 décembre 2011

Un souffle dans les dunes. Il relève la tête. La voici sur le sable, fesses arrondies et seins dressés. Bouche entrouverte, à califourchon sur le sable, elle a repris la pose de la statue : elle offre sa poitrine à un jeune homme qui lui ressemble... Et il soupire tandis qu'elle l'observe intensément, fesses humides et seins caressés.

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Les illuminations suspendues à quelques mètres au-dessus du sol semblaient avoir aspiré toute la joie des corps de cette foule qui se pressait d’une boutique à l’autre les paquets dorés s’accumulant au bout des bras. Les figures était graves, préoccupées par ces tâches urgentes dont elles étaient le poste de commande. Devant Tamel deux passants un peu moins mornes. Le petit pleurait, et l’autre, celui qui lui tenait la main, en le tirant plus qu’en le guidant à travers les rues encombrées de passants, l’autre qui avait une tête de plus et quelques années, l’autre lui collait régulièrement une taloche suscitant une nouvelle vague de pleurs. Une dame qui croisait ce curieux tandem osa interpeller le grand frère. C’est le petit qui lui répondit aussitôt par un joyeux « Hein, il est costaud mon frère ! »

dimanche 4 décembre 2011

737 : samedi 3 décembre 2011

Les Triple V ont tout vu, tout entendu, tout vécu. Devant les journalistes ils prennent volontiers l’air maussade, évoquent la tristesse de la chair et se disent languissant et sans projet. Mais dès qu’ils se retrouvent seuls, les voilà qui s’empiffrent comme des chancres, se vautrent dans leurs bons livres et se rendent à des soirées peu recommandables.


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Elles sont toutes, pour l’heure, silencieuses et immobiles. Le bruit, beaucoup de bruit, elle n’en font qu’à l’instant de leur naissance. Elles se dévisagent de leurs regards plats, se toisent du haut en bas. Elles n’ont que cela à faire, les unes, les vieilles, avec envie, les autres, les jeunes, avec orgueil. Dans leur société, les plus grandes, et donc les plus fières, se trouvent parmi celles qui sont venues au monde récemment. Pour Tamel, elles sont toutes semblables malgré leurs différences apparentes dans la mise générale, leurs coiffures, leurs parures diverses, ou dans leur volume, la manière dont elles occupent ce monde, leur place dans la société, la qualité des visites qu’elles reçoivent. Lorsqu’il les regarde, au-delà de leur physique actuel, il voit les pentes rocailleuses, les forêts, les arbres, le minerais enfoui en veines sombres, le sable en son grand corps morcelé. C’est aussi un peu pour elles qu’il vient parfois jusqu’à la ville et qu’il déambule, souvent en décourcis, à travers elle.

samedi 3 décembre 2011

736 : vendredi 2 décembre 2011

Est-ce en raison de sa phobie des ascenseurs que Léon manqua terriblement d’ambition ?


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Ce serait un jour clair, presque transparent, et nous irions sous un bleu de vierge florentine, que des lambeaux de nuages blancs, effilochés et légers, auraient parcouru paresseusement, si paresseusement que leur mouvement ne serait perceptible que pour les rêveurs en longue contemplation.


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La lame d’un couteau est moins émoussée que les jours.


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La bête était allongée sur le flanc droit. Lorsqu’il l’aperçut, Tamel crut tout d’abord quelle était morte. La gueule à demi-ouverte, immergée dans une petite flaque de sang, le ventre largement ouvert d’où sortait une partie des entrailles. Pourtant l’animal respirait bien que faiblement. Son poitrail se soulevait lentement puis se vidait sans bruit encore plus lentement du peu d’air dont il s’était empli. L’enfant s’approcha. Il vit que l’agonisant avait planté son regard dans le sien.Tamel reçut alors un déluge d’images qui se précipitèrent au fond de sa tête puis s’y déroulèrent comme les restes d’un rêve : Les petits, joyeux, exubérant, qui se chamaillent au milieu des champs de maïs. L’un d’eux qui fait mine de se sauver et se met à courir dans la direction de la route. Les autres qui le suivent. Et la mère qui pressent le danger et se lance à leur poursuite. Le bruit – cailloux, bois sec, galop d’au moins six chevaux – puis l’énorme roue du chariot. Les petits qui s’enfuient au-delà du fossé, terrorisés par le vacarme, sans avoir vu le choc funeste.


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Le grand baraqué au brassard rouge, Bastonnerre, surgit auprès de David. Celui-ci demande comment s'est passé sa soirée, l'autre répond bien, j'ai continué la préparation du service d'ordre, regarde, il sort un carnet de sa poche, l'ouvre au milieu, lui met sous le nez. Des schémas griffonnés: - Tu vois, là c'est les entrées de secours, faut absolument rajouter deux camarades de chaque côté, au minimum. On m'a dit que les totos allaient se ramener foutre le bordel. Si jamais on doit évacuer, faut être prêt, et pour le moment c'est léger. On est flottant. Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a aussi besoin de justification. Qu'est-ce t'en penses ? David fixe avec attention le carnet: - Bien vu, parle en à Clémence, après tout, c'est elle la responsable de la sécurité ce soir. Tu sais où elle est ? Bastonnerre sautille d'un pied sur l'autre et le visage impassible: - Ah non, pas du tout. Pas la moindre idée de ce qu'elle fout. Hier, leur première nuit ensemble, collés, de la douceur de sa peau, évidemment qu'il lui a parlé, plus qu'un peu, pas des sorties de secours. Mais le dire à son meilleur ami, le mec officiel de Clémence, c'est pas le moment. Malgré toutes leurs théories sur l'amour libre et le droit des femmes blablabla, pas sur que ça passe. David dit : - Possible que tu la trouves dans la loge, y avait des problèmes avec le groupe anglais. - Ok j'y vais, fait Bastonnerre avec un sourire en biais, j'en profite pour ramener des brassards. Faut qu'on en ait tous, c'est la troisième règle pour ce soir, qu'on soit tous repérables, et cette fois, je ne laisse pas passer un camarade qu'a pas son brassard. Dans l'Art de la guerre, ils disent qu'exhiber tous les signes de l'unité de l'armée, c'est déjà un pas vers la victoire. Vu les gus qui vont débarquer, on se doit d'être irréprochable. A grandes enjambées, Bastonerre passe devant la scène, soulève le rideau qui mène aux coté jardin, laissant David seul.

vendredi 2 décembre 2011

735 : jeudi 1er décembre 2011

Les Manitous sont grands beaux et disloqués. Quand leur main gauche veut ceci, leur droite s’empare de cela. Chacun de leurs pieds trace sa route à sa guise et jamais leurs deux yeux ne se délectent ensemble du même spectacle. Et leurs propos, auxquels on ne comprend goutte, résonnent pourtant comme des cuivres rutilants.

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Il n'était que 11h30 lorsque Sabine se présenta au comptoir. Elle repoussa ses mèches noires avant de commander avec assurance un crème, deux crêpes "et un martini s'il vous plaît". La vendeuse lui jeta un œil surprit mais la servit sans mot dire. Sabine s'assit et avala la tout rapidement en vérifiant sa montre. Dans quinze minutes son calvaire allait commencer. Elle retourna au comptoir: "un autre s'il vous plaît." elle frissonna : Sabine détestait prendre l'avion...

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Tracas... Quelqu'un frappe à la porte. Croassement d'un corbeau. Courant d'air. Bruissement des arbres. On frappe à la porte, à petits coups serrés. Et je reste là. Je ne réponds pas. Je ne sais pas. Peut-être que je n'attends personne et que personne ne m'attend. Peut-être que j'ai autre chose à faire et que je ne suis pas disposée à ouvrir sans savoir... Peut-être que je suis là à somnoler, à demi-éveillée, et que je ne discerne pas l'attente de l'autre côté. Peut-être que je n'ai pas entendu frapper et que l'interphone ne fonctionne pas. Mais ces questions, je ne me les pose pas, ça n'est plus la question. Ouverte. Mon regard se porte autre part. Fenêtres ouvertes, portes closes... Ici c'est déjà ailleurs.

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Fréderic Petit, rondouillard, les cheveux bouclés, l’air toujours affairé, la quarantaine, Frédéric est celui qu’on appelle dès qu’un problème survient. Il répond toujours, heureux de pouvoir rendre service. Sauf le lundi. Ce jour-là, il n’est jamais libre. Tout le monde le sait et nombreux sont ceux qui le charrient à ce sujet. Mais Frédéric s’en moque, il n’a jamais divulgué son secret. Son métier lui convient, il l’exerce avec méthode : il est préparateur en pharmacie. Ses collègues le jugent sérieux et efficace, toutefois très discret. Il ne se confie pas volontiers, préférant parler cinéma ou voyage. Il connaît tous les pays du monde, leur situation, leur culture, leur climat. Et pourtant, il n’a jamais voyagé ! Mais c’est toujours à lui qu’on demande conseil. Le soir, après le travail, il va marcher au bord de la mer. Il dit qu’il dépose sa fatigue sur la crête des vagues. En été, il se baigne lorsque les vacanciers disparaissent. Il a horreur de la foule. Il vit seul, sans être un moine pour autant. Le problème est qu’il se lasse vite. Pour lui, les femmes sont toutes les mêmes : fatigantes ! En fait, il n’est jamais tombé amoureux. Il peut admirer la beauté chez l’une, la fraîcheur chez l’autre, leur vivacité d’esprit, leur côté rusé, leur capacité à faire mille choses à la fois…Mais au bout d’un moment, il finit par s’ennuyer et préfère en rester là. Pourtant, les femmes l’adorent, elles le trouvent drôle et très gentil. Une seule s’est attardée auprès de lui : il l’aimait bien. Elle se coiffait toujours de la même façon, d’une queue de cheval et elle passait des heures, le soir, à brosser ses cheveux. Frédéric appréciait sa gentillesse, son dynamisme et sa discrétion. Un jour, elle est partie rejoindre sa mère malade. Ils ne se sont jamais revus. Il lui a écrit quelques lettres puis s’est lassé. Frédéric est ainsi, il se contente de ce qu’il a. Le lundi, il se lève tôt, prend un solide petit déjeuner, prépare un casse-croûte, une gourde, enfile de grosses chaussures de marche et part arpenter la campagne. Par tous les temps. Lorsqu’il rentre le soir, son carnet s’est étoffé : Frédéric a la passion des insectes. Il les dessine mieux que personne ! Mais il n’en ramène jamais aucun. Ce qu’il rapporte de ses virées solitaires, ce sont de merveilleux dessins au crayon ou à l’encre de chine. Il a le don de saisir le moindre petit détail : chaque insecte semble vivant, prêt à se déplacer, à vous grimper dessus. Les soirs où il ne sort pas, il plonge dans ses carnets, étudie le moindre détail, rectifie, améliore, et ce jusqu’à la perfection. Pour lui, ces petits êtres méritent toute son attention. A tel point qu’il a décidé d’en faire une bande dessinée. Il y travaille depuis des mois. Il m’a montré quelques pages : c’est extraordinaire ! Je l’ai supplié de chercher un éditeur mais il m’a ri au nez. Si vous le rencontrez, essayez de le persuader ! Derrière ce petit être solitaire se cache un véritable artiste au cœur d’or.

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La rue est silencieuse, la nuit a recouvert les maisons depuis plusieurs heures. Seules quelques tâches d’une lumière crue émises par des réverbères ponctuent les espaces entourant les trottoirs, rendant l’obscurité environnante plus intense. Un vieillard déambule à pas lents. A quelques mètres derrière lui, Tamel suit son manège. De porte en porte, l’homme s’arrête pendant quelques minutes. Il lève alors la tête dans la direction de la fenêtre derrière laquelle on devine la présence de la fée bleue. Il semble boire le scintillement coloré que la lueur émet en palpitations aléatoires. De là où se tient Tamel, très distinctement, un petit éclair semble piquer le regard de l’ancêtre l’instant avant qu’il se remette en chemin. Quelques heures plus tard, le jour va se lever, le vieillard, d’un pas de plus en plus hésitant et court, est sur le point de sortir de la ville. Quelques pas encore. Tamel voit alors, sur la ligne d’horizon du côté de l’aube naissante, un tout jeune garçon s’enfuir en courant comme s’il était poursuivi par mille démons.

jeudi 1 décembre 2011

734 : mercredi 30 novembre 2011

Caroline penche son visage vers le ciel, vers les traits blancs sillonnant le bleu du jour, et elle sourit. Elle sait que demain elle y sera, qu'un engin de fer la transportera au bout du monde, rejoindre une autre partie d'elle-même. Demain, Caroline sera un oiseau en devenir de bonheur.